glacière de Ferrières |
La Glacière du château de ......
Maintenant que les frigos ont résolu le problème de la conservation d’aliments frais
pendant les chauds mois de l’été, on a pu oublier l’odeur des viandes faisandées et
de beurre rance.
A .......... , où les invités de l’été étaient nombreux et de haut rang, on se devait
de leur présenter une table garnie de mets de qualité. Il fallait donc disposer, à n’importe
quel moment, de glace. Voici comment on y arrivait.
Chaque année, en hiver, les cognées faisaient crier l’épaisse couche de glace qui recouvrait
le petit étang situé à droite du ruisseau de la Lembrée (1). Les gros blocs étaient harponnés
par les ouvriers, hissés sur les berges, et après une courte glissade, chargés sur un
tombereau qui était acheminé jusqu’à l’endroit de la glacière entre la Lembrée (1) et le château.
Pour bien comprendre ce qu’était la glacière, aidez-vous du schéma.
La glacière avait deux issues : une cheminée, en temps normal, fermée par une grosse
pierre recouverte d’une épaisse couche de terre ; elle avait 1.5 m de haut et débouchait
dans une chambre ovale voûtée de pierres : la glacière proprement dite.
C’est là qu’étaient empilés, chaque année, l’équivalent de dix tombereaux de glace.
Quand pendant l'année on voulait disposer de glace, un ouvrier, muni d’un pic, accédait
à la glacière par une galerie horizontale longue de 8 mètres et fermée par une lourde
porte en chêne orientée vers le Nord. Cette galerie, comme la cheminée, était voûtée de briques.
Dans le courant de l’année, la glace fondait petit à petit, mais il en restait
encore au mois d’août.
Il arrivait qu’on vint en chercher des villages voisins. On raconte qu’on en vint
chercher de Burnontige pour soigner le meunier, atteint d’une fièvre tenace.
On venait en chercher aussi régulièrement pour soigner les bêtes atteintes de la
fièvre du lait (2).
La glacière – comme beaucoup de richesse de .......... – fut victime du progrès.
Vers 1900 déjà, le châtelain achetait de la glace à l’extérieur.
La glacière devint un entrepôt de benzène servant à l’éclairage et qui était un
produit particulièrement inflammable.
Et depuis 1910, la glacière de ...... a fermé ses entrailles aux regards des hommes.(3)
JOC. (1)il doit s'agir en fait du ruisseau du Pouhon car celui appelé « Lembrée » ne commence qu’à Malacord, quelques kilomètres plus loin. (2) La fièvre de lait, également appelée fièvre vitulaire ou hypocalcémie est une maladie rencontrée chez les femelles mammifères. C'est une maladie métabolique qui se caractérise par une carence en calcium. Les conséquences sur l'animal sont l'affaiblissement et l'incapacité à se relever après la parturition. Car cette maladie n'est autre qu'un blocage des éléments calcique. (3)La glacière devenue dépôt de benzène n'est probablement pas celle que l'article nous décrit : il y a en effet sur la même propriété une seconde glacière, effondrée, qui effectivement à brulée. C'est celle-là qui est inaccessible. |